Blanchiment de capitaux générés par les crimes contre l’environnement

Blanchiment-Crime-Environnemental

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28 juin 2021 - La criminalité environnementale - allant de l’extraction et du commerce illégaux des forêts et des minéraux au défrichement illégal en passant par le trafic de déchets - est une entreprise extrêmement rentable, qui génère des milliards de dollars de gains criminels chaque année. Ces crimes alimentent  également la corruption et convergent avec de nombreux autres crimes graves et organisés, tels que la fraude fiscale, le trafic de drogue et le travail forcé.

Ce rapport du GAFI identifie les méthodes que les criminels utilisent pour blanchir les produits de la criminalité environnementale, mais aussi les outils que les gouvernements et le secteur privé peuvent appliquer pour interrompre cette activité. Lorsqu'elles sont correctement mises en œuvre, les recommandations du GAFI constituent des outils efficaces pour lutter contre ces flux financiers illicites.

Le caractère « faible risque, forte récompense » d’un crime contre l’environnement constitue une source de revenus sûre et lucrative pour les criminels. Le GAFI a donc mené cette étude pour mieux comprendre l'ampleur et la nature des menaces de blanchiment d'argent liées aux crimes environnementaux et pour renforcer la réponse des secteurs public et privé. Les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 ont également reconnu la nécessité de renforcer l'action, et l'importance du rôle du GAFI pour soutenir les objectifs en matière de biodiversité.

S'appuyant sur le rapport 2020 du GAFI sur le Blanchiment d'argent et Commerce illégal d'espèces sauvages , ce rapport montre que les criminels réalisent d'énormes profits en utilisant des sociétés écrans pour mélanger des biens et des paiements légaux et illégaux au début des chaînes d'approvisionnement en ressources. Ils s'appuient également sur la corruption, la fraude basée sur le commerce et les structures d'entreprise offshore pour dissimuler les criminels ultimes qui bénéficient de ces crimes.

En priorité, les pays devraient :

1. Considérer les risques que les criminels utilisent abusivement leurs secteurs financiers et non financiers nationaux pour dissimuler les produits des crimes environnementaux. Cela s'étend aux pays sans ressources naturelles nationales, car les travaux du GAFI montrent que les criminels dissimulent les produits de ces crimes dans toutes les régions, y compris les centres commerciaux et financiers.

2. Les pays doivent également renforcer la coopération inter-agences entre les enquêteurs financiers et les agences de lutte contre les crimes environnementaux, afin de détecter et de poursuivre les enquêtes financières sur les crimes environnementaux. Il s'agit notamment de travailler avec des homologues étrangers pour partager des informations, faciliter les poursuites et récupérer les actifs déplacés et détenus à l'étranger.

Le secteur privé a également un rôle important à jouer dans la détection des flux financiers provenant de crimes environnementaux. L'étude du GAFI identifie les bonnes pratiques et les indicateurs de risque pour aider les secteurs financiers et non financiers à détecter les cas potentiels.

À l'avenir, le GAFI continuera à se concentrer sur les crimes environnementaux, notamment en examinant si d'autres travaux politiques sont nécessaires. En septembre 2021, le GAFI prévoit d'organiser un webinaire public pour les parties prenantes non gouvernementales afin de discuter des conclusions de cette nouvelle étude.

 

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