Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme liés au COVID-19

Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme liés au COVID-19

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Paris, le 4 mai 2020 - La pandémie de COVID-19 a engendré des défis, des souffrances humaines et des troubles économiques sans précédent dans le monde entier. La pandémie a également conduit à une intensification de la criminalité liée au COVID-19, notamment la fraude, la cybercriminalité ou le détournement ou l’exploitation de fonds publics ou de l’aide financière internationale, qui se traduit par de nouvelles sources de financement pour les criminels.

Ce document établi sur la base d’informations transmises les 7 et 23 avril au Réseau Mondial du GAFI, identifie les enjeux majeurs, les bonnes pratiques et les réponses politiques apportées aux nouvelles menaces et vulnérabilités liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme résultant de la crise du COVID-19.

Le monde entier concentre ses efforts sur la réponse à apporter à la pandémie de COVID-19. Cela affecte la capacité des gouvernements et des acteurs du secteur privé à s’acquitter de leurs obligations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), qui s’étendent de la surveillance à la coopération internationale en passant par la réglementation, la réforme politique et la déclaration des opérations suspectes

Ces menaces et vulnérabilités constituent des risques émergents de blanchiment de capitaux (BC) et de financement du terrorisme (TF). Ces risques pourraient se matérialiser par ce qui suit :

  • Contournement des mesures de vigilance relatives à la clientèle ;
  • Intensification de l’utilisation abusive des services financiers en ligne et des actifs virtuels pour transférer et dissimuler des fonds illicites ;
  • Exploitation des mesures de relance économique et des régimes d’insolvabilité de manière à permettre à des personnes physiques et morales de dissimuler et de blanchir le produit d’activités illicites ;
  • Recours accru au secteur financier non réglementé, créant de nouvelles possibilités pour les criminels de blanchir des fonds illicites ;
  • Utilisation abusive et détournement de l’aide financière et des fonds d’urgence nationaux et internationaux ;
  • Exploitation, par les criminels et terroristes, du COVID-19 et de la récession économique pour s’orienter vers de nouveaux secteurs d’activité exposés à la circulation d’un grand volume d’espèces et de liquidités dans les pays en développement.

Certaines réponses politiques de LBC/FT peuvent contribuer à la mise en œuvre rapide et efficace de mesures visant à faire face au COVID-19, tout en gérant les nouveaux risques et vulnérabilités. Il s’agit notamment des mesures suivantes :

  • Coordination nationale aux fins de l’évaluation de l’impact du COVID-19 sur les risques et systèmes de LBC/FT ;
  • Communication renforcée avec le secteur privé ;
  • Encouragement de l’adoption générale d’une approche fondée sur les risques concernant le devoir de vigilance relatif à la clientèle ;
  • Soutien des modes de paiement électroniques et numériques.