Paris, le 16 juillet 2026 – Dans un nouveau rapport publié aujourd’hui, le Groupe d’action financière (GAFI) souligne que, si un nombre croissant de pays ont adopté une législation visant à réglementer les actifs virtuels, beaucoup en sont encore à mettre en œuvre ces règles dans la pratique, ce qui permet aux groupes criminels organisés de tirer parti de ces lacunes pour faire transiter des milliards de produits illicites par ce secteur. Le rapport révèle que 83 % des juridictions interrogées ont désormais adopté une législation mettant en œuvre la « Travel Rule », contre 73 % en 2025, tandis que 11 autres juridictions indiquent que la mise en œuvre est en cours.
La septième mise à jour ciblée du GAFI sur la mise en œuvre des normes du GAFI relatives aux actifs virtuels (AV) et aux prestataires de services d’actifs virtuels (PSAV) (en anglais) évalue la conformité des juridictions à la recommandation n° 15 (R.15) du GAFI sur les AV et les PSAV. Elle constate que, dans l’ensemble, les juridictions, y compris celles où l’activité des prestataires de services d’actifs virtuels (PSAV) revêt une importance significative, ont réalisé des progrès depuis 2025 dans l’élaboration ou la mise en œuvre d’une réglementation en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) et dans la prise de mesures de surveillance et de contrôle.
Toutefois, le GAFI souligne la nécessité de poursuivre les travaux en matière de réglementation, d’agrément et d’enregistrement malgré les progrès continus, et indique que les juridictions continuent de rencontrer des difficultés pour identifier les personnes physiques et morales exerçant des activités de prestataires de services d’actifs virtuels, de nombreuses juridictions n’ayant pas encore traduit leurs cadres juridiques en une surveillance et une application effectives dans la pratique.
Les juridictions continuent de signaler des difficultés pour atténuer les risques liés aux PSAV offshore, comme le souligne le rapport du GAFI sur les PSAV offshore (en anglais) publié plus tôt cette année, ainsi que pour évaluer et atténuer les risques associés aux plateformes de finance décentralisée (DeFi), ce qui pourrait constituer une lacune de plus en plus importante à mesure que les entités réglementées, notamment les institutions financières et les PSAV, renforcent leur engagement auprès des plateformes DeFi.
Le GAFI constate que les juridictions ayant adopté des régimes d’interdiction continuent de rencontrer des difficultés pour identifier et sanctionner les activités illicites des PSAV. Bien que l’interdiction soit autorisée en vertu des normes du GAFI, son efficacité dépend d’une supervision et d’une application rigoureuses.